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Les maladies auto-immunes sont assez peu connues, pourtant elles concernent environ 8 % de la population, ce qui fait que leur ensemble représente le troisième grand groupe de maladies après les cancers et les maladies cardio-vasculaires.
On sait que la fréquence de ces maladies augmente mais il est difficile de faire la distinction entre une augmentation des pathologies réelles et une augmentation des diagnostics. Bien heureusement, les progrès et techniques de détection des auto-anticorps permettent d’aboutir à des diagnostics de plus en plus précoces et précis.
On ne sait pas exactement quelles sont les causes communes favorisant l’essor de ces maladies. Cependant, de plus en plus de professionnels de santé s’accordent à considérer qu’il pourrait être question de facteurs environnementaux.

Qu’en est-il exactement ?

 

Zoom sur les maladies auto-immunes

 

Qu’est-ce qu’une maladie auto-immune ?

Notre système immunitaire a pour rôle de protéger l’organisme contre des substances étrangères que l’on nomme antigènes (virus, micro-organismes, parasites, cellules tumorales, bactéries, aliments). Il produit des anticorps afin de contrer l’influence de ces antigènes. Malheureusement, il arrive parfois que ce système subisse un dysfonctionnement et se mette à attaquer les propres cellules de l’organisme, ce qui a pour effet de conduire à une inflammation puis une destruction des tissus. Ce phénomène est appelé réaction auto-immune.
D’une manière générale, on constate que ces maladies s’observent plutôt chez la femme (75% de femmes contre 25% d’hommes) et pour certaines de ces maladies, on constate une prédominance très nette. Cette différence s’explique au niveau des hormones sexuelles. En effet, on a constaté, à l’aide de modèles expérimentaux animaux, que les œstrogènes jouent un rôle parfois aggravant : la grossesse et les traitements inducteurs de l’ovulation (pilule contraceptive) peuvent aggraver une maladie auto-immune. A contrario, chez l’homme, une des propriétés de la testostérone consiste à inhiber les réactions auto-immunes de par son caractère immunosuppresseur.
Au sujet de l’âge corrélé à la survenue de ces maladies, il n’a pas été constaté de lien prépondérant, ce qui signifie que les maladies auto-immunes peuvent apparaître à tout âge.
L’association de plusieurs maladies auto-immunes est un phénomène assez fréquent. Par exemple, les thyroïdites auto-immunes sont fréquemment associées à d’autres maladies auto-immunes.
Enfin, le pronostic est difficile à prévoir.

 

Quelles sont les maladies auto-immunes les plus courantes ?

Ces maladies sont nombreuses et on en dénombre environ une centaine clairement identifiées. Leur classement est assez compliqué dans la mesure où elles sont cliniquement très différentes. En outre, certaines maladies inflammatoires sont partiellement auto-immunes et peuvent être classées parmi les maladies auto-immunes mais parfois non.
Néanmoins, on peut constater deux groupes distincts. Nous avons d’un côté les maladies auto-immunes dites d’organes ou un seul organe est touché et de l’autre côté, les maladies auto-immunes systémiques au cours desquelles plusieurs organes sont touchés de manière successive ou simultanée.

Voici quelques exemples de maladies auto-immunes bien connues et assez fréquentes :

Au niveau des connectivités (type systémique) : lupus érythémateux disséminé, dermatomyosytes, sclérodermie systémique, syndrome des anti-phospholipides et syndrome de Gougerot Sjögren.
Au niveau articulaire (type systémique) : spondylarthrite ankylosante et polyarthrite rhumatoïde.
Au niveau du système vasculaire (type systémique) : purpura rhumatoïde, maladie de Kawasaki, périartérite noueuse et artérite temporale.

Au niveau des maladies d’organes :

-Thyroïde : maladie de Basedow, thyroïdite de Hashimoto et myxœdème primaire.
-Pancréas : diabète de type 1 insulinodépendant.
-Système nerveux : syndrome de Guillain-Barré et sclérose en plaques.
-Foie : cirrhose biliaire primitive.
-Intestins : maladie de Crohn, rectocolite hémorragique et maladie cœliaque.
-Peau : épidermolyse bulleuse, pemphigus, vitiligo et psoriasis.

 

Quels sont les symptômes significatifs d’une maladie auto-immune ?

Les symptômes apparaissent sous forme de poussées mais sont entrecoupés par des phases de rémission. Ces poussées peuvent être plus ou moins longues et plus ou moins fréquentes, ce qui rend parfois difficile l’identification précise des facteurs déclencheurs.
Après traitement, ces poussées peuvent devenir rares et même disparaître. Cependant, on ne peut pas affirmer qu’un patient est définitivement guéri.

Voici quelques symptômes relatifs à ces fameuses poussées :

La fièvre est un symptôme commun à toutes les maladies auto-immunes mais les autres symptômes dépendent du type de tissu touché ou de l’organe affecté. Par exemple, une maladie auto-immune du pancréas sera à l’origine du diabète de type 1, tandis qu’une attaque du système immunitaire sur le cerveau pourra entraîner une sclérose en plaques, ou encore une attaque des articulations entraînera une polyarthrite rhumatoïde.
Les symptômes sont donc extrêmement variés : fièvre, œdème, douleur, faiblesse, déformations articulaires, prurit, confusion mentale, gêne respiratoire (liste non exhaustive).

Les symptômes de l’ensemble des maladies auto-immunes sont dus aux trois mécanismes suivants :

– Production d’anticorps.
– Non élimination de lymphocytes T auto-réactifs.
– Production de cytokines pro inflammatoires.

Attention, l’apparition d’un ou plusieurs de ces symptômes ne permet pas d’envisager avec certitude que nous sommes face à une maladie auto-immune. Seule une analyse de sang va permettre d’identifier si nous sommes dans un tel cas et voici quelques marqueurs qui sont mesurés : présence d’anticorps antinucléaires, anémie, vitesse de sédimentation.
En outre, un diagnostic génétique peut permettre de mettre en lumière des gènes susceptibles, non pas de déclencher ce genre de maladies, mais de les favoriser chez certaines personnes.

 

Quels sont les facteurs déclencheurs d’une maladie auto-immune ?

On considère donc qu’il y a une part de génétique dans la survenue de ces maladies. Le problème est qu’on ne sait pas grand-chose au sujet de la génétique et de l’hérédité à ce sujet dans la mesure où de nombreux gènes de prédisposition sont mal identifiés. On ne peut pas parler d’hérédité directe pour une maladie auto-immune donnée, par contre il n’est pas rare de trouver des prédispositions familiales aux maladies auto-immunes dans leur ensemble.
Outre l’aspect génétique, certains facteurs sont de plus en plus suspectés : ultraviolets, médicaments, excès d’hygiène et usage massif d’antibiotiques, perturbateurs endocriniens et poussières toxiques.
Au sujet des antibiotiques, l’hygiène excessive et le recours à ceux ci, pour un oui pour un non, pourrait expliquer, en partie, le développement de ces maladies dans les pays développés.
L’hygiénisme considère que les infections microbiennes, virales et parasitaires survenant dans l’enfance permettent au système immunitaire de se développer plus harmonieusement. En effet, étant confronté à des pathogènes de nature diverse, le système immunitaire est mieux entraîné et donc mieux à même de répondre aux infections pour le reste de l’existence de l’individu. L’effet protecteur de ces infections est bien connu et désormais admis et l’utilisation massive d’antibiotiques est de plus en plus confirmé en tant que facteur de développement de ces maladies, bien que les mécanismes entrant en ligne de compte soient encore mal assimilés.
Ensuite, les vaccins commencent être pointés du doigt mais le problème est particulièrement complexe. On considère que les vaccins stimulent le système immunitaire mais on s’aperçoit de plus en plus qu’ils peuvent aussi le perturber. Le syndrome de Guillain-Barré est un bon exemple dans la mesure où on  peut constater sa survenue suite à une vaccination antigrippale. Les vaccins peuvent éventuellement favoriser les poussées dont nous avons parlé plus haut mais on n’a encore jamais pu prouver que seul le vaccin ait pu déclencher la maladie elle-même.

 

Quelle approche naturopathique d’une maladie auto-immune ?

Au sujet des causes et des facteurs déclencheurs potentiels, l’approche naturopathique concorde avec l’approche de la médecine conventionnelle. Cependant, elle insiste davantage sur le rôle joué par l’alimentation ou plutôt certains aliments en particulier. Cette considération s’appuie sur les travaux du Docteur Jean Seignalet qui a consacré une grande partie de sa vie à l’étude des maladies chroniques ainsi que des maladies auto-immunes (chroniques elle aussi d’ailleurs) pour en arriver à la conclusion que le gluten et les produits laitiers favorisent de manière conséquente les troubles dont nous parlons.

 

Que faire pour accompagner la maladie ?

Je vais m’inspirer de la suggestion principale de Jean Seignalet lorsque l’on fait face à une maladie chronique ou à une maladie auto-immune : arrêter complètement le gluten et les produits laitiers pendant au moins deux semaines (idéalement trois) et constater les résultats. Quand on parle d’arrêter ces aliments, il est question d’un arrêt strict. Il ne s’agit pas de réduire de manière drastique leur consommation et de s’octroyer de temps en temps un petit plaisir en consommant ce type d’aliments car en procédant ainsi il y a un risque que les résultats soient faussés. Aussi, l’arrêt strict est recommandé.
Il s’agit là d’une recommandation que l’on rencontre souvent mais j’aimerais présenter plus en détails la réflexion que ce médecin a menée. Celui-ci considérait que toutes les céréales d’une manière générale peuvent provoquer des réactions auto-immunes. Ce ne sont pas les céréales, selon lui, qui posent problème à proprement parler mais les céréales domestiques. C’est-à-dire des céréales qui ont été sélectionnées, au fil des siècles par l’homme, pour leur rendement et leur productivité mais qui pour le coup ont subi des mutations génétiques, ce qui fait que le blé, par exemple, cultivé par nos lointains ancêtres n’a plus rien à voir avec le blé qui est cultivé aujourd’hui. Le blé dit ancestral comportait 14 chromosomes tandis que le blé moderne en comporte 42. Nous appelons encore cette plante du blé mais il s’agit d’autre chose. Avec un patrimoine génétique qui a été autant modifié, peut-on vraiment encore parler de blé ?
Les céréales, en général, sous leur forme moderne, ne conviennent pas à l’alimentation de l’être humain. Ce qui signifie, qu’idéalement, il faudrait stopper, au cours de ce test de deux semaines (trois semaines seraient idéales et permettraient de mieux confirmer les résultats obtenus) les produits laitiers et toutes les céréales.
Les produits laitiers et les céréales à base de gluten sont les aliments qui causent le plus couramment des maladies auto-immunes mais ils ne sont pas les seuls. Aussi, il peut être pertinent de se tourner vers un diagnostic des allergies alimentaires (un test) afin de déterminer précisément et de manière fiable, quels sont les aliments à problème. Voilà pour la première étape.

Ensuite, puisque l’on parle de phénomènes d’inflammation dans le cadre des maladies auto-immunes, il semble nécessaire de limiter tout ce qui favorise l’inflammation et de favoriser tout ce qui permet de la contrer. À ce sujet, au risque de me répéter, je vous renvoie à l’article consacré à l’inflammation et comment la réduire naturellement.
Ensuite, au sujet des produits laitiers, ce n’est pas tellement le lactose qui pose problème comme on le croit souvent mais les protéines que l’on dénomme sous l’appellation caséine. La digestion de la caséine entraine la création de sous produits de type caséomorphines, une forme d’opiacé dont on sait désormais qu’elle favorise la survenue de maladies auto-immunes.

Enfin, puisque la médecine et l’hygiénisme pointent du doigt l’usage massif d’antibiotiques comme cause probable de ces maladies, que peut-on en conclure ?
Les antibiotiques, comme leur nom l’indique, ont pour propriété de supprimer toute forme de vie à l’échelle microscopique. Leur usage est justifié pour venir à bout de pathogènes mais le problème est qu’ils détruisent aussi les bactéries amies que l’on trouve dans notre système digestif. Nous parlons là de la flore intestinale, appelée désormais biote intestinal, dont on a découvert au cours des 10 dernières années qu’elle joue un rôle absolument majeur pour la santé. Il apparaît donc pertinent de faire un usage de probiotiques afin de rééquilibrer la flore intestinale et de lui redonner le rôle salutaire qu’elle a perdu. Il existe de nombreuses souches de probiotiques mais voici les principales à privilégier : Lactobacillus acidophilus, Bifidobacterium lactis, Bifidobacterium infantis, Lactobacillus plantarum, Lactobacillus rhamnosus et Lactobacillus casei.
Une cure de probiotiques s’envisage sur au moins six mois. Mais ceci implique, et il est bon de le rappeler, de mettre en place en parallèle un assainissement général de l’alimentation. Je ne reviendrai pas sur ce point et vous pourrez trouver de nombreuses ressources à ce sujet sur le site.

 

Références

1. Pathologies auto-immunes : aspects épidémiologiques, diagnostics et principes du traitement (116) – Sophie Desplat-Jégo, Brigitte Granel, Jacques Serratrice – Décembre 2007(mise à jour 2008-2009) – Faculté de médecine de Marseille
2. Autoimmune Diseases Database – National Institute of Allergy and Infectious Diseases
3. Heterogeneity of autoimmune diseases: pathophysiologic insights from genetics and implications for new therapies – Judy H Cho & Marc Feldman. http://www.nature.com/nm/journal/v21/n7/full/nm.3897.html
4. In Autoimmune Diseases Affecting Millions, Researchers Pinpoint Genetic Risks, Cellular Culprits – Jeffrey Norris – University of California San Francisco

 

 

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