Au cours des précédents articles consacrés à la fatigue chronique résultant d’un épuisement des glandes surrénales, nous avons vu dans un premier temps quelles étaient les modifications pouvant être apportées en terme d’hygiène de vie, puis, dans un deuxième temps quelles étaient celles pouvant être apportées du point de vue de l’alimentation.
Aujourd’hui, nous allons nous pencher sur les diverses plantes et compléments permettant d’apporter un coup de pouce à la régénération de vos glandes surrénales.

 

Fatigue chronique glandes surrénales épuisées 3 sur 3

 

J’ai bien conscience qu’il est possible, aujourd’hui, de trouver de nombreuses ressources au sujet de la fatigue surrénalienne sur Internet.
Cependant, force est de constater que ces ressources sont souvent de nature identique et contiennent parfois des erreurs. En effet, certaines plantes fréquemment conseillées sont trop stimulantes pour des glandes surrénales en mauvais état, ce qui a pour effet de les épuiser encore plus tout en prenant le risque d’aboutir, ni plus ni moins à plus ou moins long terme, au burnout ! En règle générale, plus la fatigue surrénalienne est avancée, plus il convient de bien mesurer l’intérêt de prendre telle plante ou supplément.

 

En effet, ce qui vous fait sentir mieux en vous stimulant peut tout à fait vous faire sentir mal à terme.

 

En général, soyez prudent(e) avec les plantes et suppléments dont on clame qu’ils/elles apportent un regain d’énergie. “L’énergie à court terme peut avoir un coût”.
Soyez encore plus prudent(e) avec les complexes et synergies destinés aux glandes surrénales et clamant là encore qu’ils/elles apportent tonus et vitalité.

 

Les plantes fréquemment recommandées mais à éviter d’utiliser sans réflexion préalable

 

Mais pourquoi ? Parce que ces plantes si souvent vantées ne restaurent et ne reconstruisent pas les glandes surrénales. En effet, elles agissent sur l’hypophyse et l’hypothalamus qui agissent de concert avec les surrénales. Ces plantes aident à la production d’hormones stéroïdiennes par action sur l’hypophyse et l’hypothalamus au sein du cerveau mais ne reconstruisent pas.
En résumé, ces plantes ne régénèrent pas à proprement parler mais permettent de relancer, si on les utilise avec précaution, la production de certaines hormones.
En outre, elles peuvent, pour certaines d’entre elles, aider à stabiliser la production de cortisol (hormone du stress par excellence) qui est central dans la gestion et la régulation du stress.
Consultez votre médecin traitant et discutez avec lui de la pertinence de la mesure du taux de cortisol. Sa production normale est la suivante : grosso modo élevée le matin pour stimuler l’éveil et faible le soir pour générer une relaxation préalable à un bon sommeil. Il est fréquent que les fatigués chroniques aient une production inverse de cortisol par rapport à la normale : sensation de brouillard au réveil et difficulté à se lever, puis survenue d’énergie et de vitalité vers 18h. Mais cela, on ne peut le vérifier qu’avec des analyses et des investigations que pourra vous prescrire votre médecin traitant.

Remarque : il existe un moyen simple d’identifier si une de ces plantes peut convenir ou non à votre cas. Cela consiste à observer les réactions qu’elles provoquent après leur prise et si elles procurent des sensations similaires au café, c’est qu’elle ne conviennent pas ou que vous en avez trop pris. A contrario, si vous ressentez plus d’énergie et de clarté mentale sans aucune manifestation d’anxiété et bien c’est ok mais attention, comme précisé plus haut, il s’agit peut-être d’un “effet lune de miel” qui précède un crash.

 

Le Panax Ginseng

Il a une action tonique sur l’ensemble de l’organisme. Il augmente les performances physiques et intellectuelles. Il permet la résistance à l’effort en diminuant la sensation de fatigue et c’est concernant ce dernier point qu’il pose problème car le ginseng exerce une action trop stimulante sur les cortico-surrénales.
Du Panax Ginseng, vous pourrez en prendre quand vous aurez une petite période de mou mais quand vos glandes surrénales auront retrouvé leur état de fonctionnement normal. J’insiste sur le côté trompeur du ginseng : très efficace, certes, mais risquant d’aggraver, à terme, les troubles en cas de fatigue trop importante.
En résumé, le ginseng est recommandé à quelqu’un en bonne santé souffrant de fatigue (qui n’aurait pas suffisamment dormi la nuit précédente par exemple). Par contre, il est à éviter en cas de fatigue nerveuse (épuisement mais difficultés d’endormissement et sommeil de mauvaise qualité) ou de fatigue surrénalienne car il tire beaucoup tropsur les glandes surrénales.
D’une manière générale et chez la plupart des individus, le Ginseng a plutôt tendance à agir en tant que stimulant, plutôt qu’en tant qu’anti-stress.

 

La Rhodiola

Concernant son action sur les glandes surrénales, on retrouve peu ou prou les mêmes propriétés que le ginseng si ce n’est qu’elle favorise de manière plus importante la synthèse des principaux neurotransmetteurs. Même si son action est moins stimulante que ce dernier, il convient d’être prudent.
Il est possible de trouver de l’information contradictoire à ce sujet. Par endroits, on vous précisera que son action stimulante est limitée et qu’elle n’engendre pas de déséquilibres. Dans d’autres, au contraire, on vous mettra en garde contre un risque de dérèglement.
À titre personnel, j’ai tendance à considérer qu’elle peut éventuellement intervenir en complément d’autres plantes et suppléments. Une sorte de bonus, en somme, qu’il conviendra d’utiliser avec prudence. La rhodiola est recommandée pour aider au sujet des symptômes du burn-out.

 

La Maca

Elle a un effet stimulant sur les glandes en général et sur les surrénales en particulier. Elle contient une quantité impressionnante de micro-nutriments indispensables au bon fonctionnement des glandes endocrines. C’est cette présence de principes actifs qui la rend intéressante.
Chez certaines personnes, la Maca apporte un réel bienfait sur la durée et joue son rôle de reconstituant, tandis que pour d’autres l’effet favorable est temporaire et laisse place à une anxiété accrue.
Je conseille de l’introduire progressivement et faites une pause d’une semaine toutes les trois semaines.

 

La Réglisse

Elle est traditionnellement reconnue pour avoir des effets positifs chez les sujets atteints de fatigue surrénalienne grâce à ses propriétés trophorestauratrices.
En outre, la Glycyrrhizine est un principe actif présent dans la réglisse qui a pour propriété d’imiter l’action anti inflammatoire de la cortisone.
Cependant, la réglisse ne doit pas être utilisée en excès et sur une longue période (pas plus de six à huit semaines). En effet, elle peut entraîner des déséquilibres internes se traduisant par des effets secondaires comme : maux de tête, hypertension, rétention d’eau. Elle a tendance à épuiser les réserves de potassium, ce qui a pour conséquence d’aboutir à un déséquilibre en faveur du sodium. Ces deux minéraux sont antagonistes : le potassium a pour propriété de libérer l’eau présente en excès au sein des cellules tandis que le sodium a pour propriété de la retenir. Or, de nos jours, nous consommons bien trop de sel (qui est du chlorure de sodium) ce qui présente donc un risque plus élevé d’hypertension en cas de prise de réglisse.

 

L’Eleutherocoque ou Ginseng sibérien

Il a des propriétés similaires au ginseng mais il est moins stimulant et plus efficace : en effet, des études scientifiques menées du temps de l’ex Union Soviétique ont montré que l’eleuthérocoque a des propriétés anti fatigue globalement plus efficaces que le Panax ginseng et avec les effets délétères moindres de ce dernier.
Ces études ont d’ailleurs été menées dans le cadre d’un vaste programme de tests cliniques impliquant des individus soumis à des stress intenses (conducteurs de travaux, militaires, cosmonautes). Il en ressort que l’eleuthérocoque est un fortifiant qui renforce la résistance et l’énergie physique.

 

Vous aurez compris que je recommande pour ces plantes un usage assez limité dans un premier temps. Choisissez-en une mais évitez de combiner les trois pour le moment. Vous pourrez éventuellement le faire dans quelques temps quand vous aurez récupéré, à mi parcours par exemple.
J’aurais tendance, si vous deviez n’en choisir qu’une, à vous orienter vers la Maca car elle est la moins stimulante et contient en quantité importante de nombreux nutriments essentiels fort intéressants.

 

Les plantes sûres mais qui ne dispensent pas de prudence

 

Ces plantes sûres que je suggère n’ont pas toutes la propriété de restaurer les glandes surrénales hormis l’ortie et la réglisse (qui nécessitera un cas détaillé). Seules ces deux là sont dites tropho-restauratrices et participent à la reconstruction. Les autres, à l’instar de celles évoquées plus haut, agissent elles aussi sur l’hypophyse et l’hypothalamus mais cette fois-ci elles ont fait la preuve de leur innocuité.

 

L’Ashwagandha

S’il ne fallait citer qu’une seule plante bénéfique à la régénération des glandes surrénales, ce serait celle-ci. L’ashwagandha a une action particulièrement intéressante au niveau du stress car elle réduit la sécrétion du cortisol et permet donc à l’organisme de s’adapter et de faire face aux situations stressantes, chose que des glandes surrénales épuisées ne savent plus faire correctement.
Des études ont montré que l’ashwagandha se révèle être particulièrement efficace en cas de dépression et d’insomnie, ce qui n’est somme toute pas rare en cas de fatigue surrénalienne. Enfin, elle est sûre et est souvent reconnue comme étant un des meilleurs traitements de la fatigue chronique en Ayurveda (médecine traditionnelle indienne).

 

L’Ortie

Cette plante aux multiples vertus n’est pas souvent recommandée en cas de fatigue chronique. Pourtant, son action reminéralisante, reconstituante et trophorestauratrice est tout à fait appropriée pour la sphère surrénalienne. Les graines sont la partie de l’ortie qui convient le mieux aux glandes surrénales (les feuilles également mais dans une moindre mesure).
Vous pouvez aller les récolter dans la nature ou votre jardin à la fin de l’été pour les consommer réduites en poudre que vous ajoutez dans une compote.
Les feuilles d’ortie sont riches en minéraux de toutes sortes qui vont contribuer à la reconstitution de l’ensemble des organes mis à mal par une fatigue chronique.
Bien qu’il soit question dans notre article de fatigue surrénalienne, l’ortie constitue un allié de choix pour la bonne santé générale de l’organisme.
L’ortie peut être prise au long cours mais attention, sa feuille est laxative et il conviendra de l’éviter ou de modérer sa consommation si vous avez tendance à avoir un transit rapide.

 

Le Basilic Sacré ou Tulsi

Parmi les différentes variétés de basilic, le basilic sacré est la plus utilisée car c’est elle qui comporte les propriétés médicinales les plus intéressantes (toutes les variétés admettent les mêmes propriétés mais le basilic sacré se distingue très nettement.)
Il est une plante amie du système nerveux et régule l’action des glandes surrénales. En effet, il officie en tant que suppresseur de la production de cortisol dont les niveaux sont bien souvent trop élevées au cours de l’après-midi et au delà chez les personnes souffrant de fatigue surrénalienne (en général, comme déjà mentionné, les niveaux de cortisol sont inversés chez le fatigué chronique : trop bas le matin et trop élevés l’après-midi et le soir). Il est donc à privilégier dans les cas de fatigue chronique et d’épuisement entraînant des phénomènes d’insomnie.
Son mode de fonctionnement adaptogène aide donc à réguler le stress car il régularise le fonctionnement des systèmes endocrinien et nerveux.
Le basilic sacré est une plante sûre mais il a tendance à amplifier les effets des anticoagulants. Méfiance à ce niveau là donc.

 

(*) Les informations dispensées dans cet article le sont à titre indicatif et ne remplacent pas une visite chez votre médecin traitant à même de pouvoir vous prescrire des examens permettant de vérifier un défaut de fonctionnement des glandes surrénales.
Ensuite, il n’est pas nécessaire de prendre simultanément toutes les plantes mentionnées. L’idéal étant de les prendre par couple puis d’alterner et passer éventuellement à un autre couple. Par exemple, on peut partir sur le principe de : 1 fortifiant (F) + 1 reconstituant (R) :

1. Ashwagandha (R) + Eleuthérocoque (F)
2. Réglisse (F) + Ortie (R)
3. Le basilic, quant à lui, peut être associé dans tous les cas.

 

Références

1. Head KA, et al. Nutrients and botanicals for treatment of stress: Adrenal fatigue, neurotransmitter imbalance, anxiety, and restless sleep. Alternative Medicine Review. 2009;14:114.
2. Dr. James Wilson’s book Adrenal Fatigue The 21st Century Syndrome.
3. Li-Ng M, Kennedy L Adrenal Insufficiency . J Surg Oncol. (2012)
4. Indian J Psychol Med. 2012 Jul-Sep; 34(3): 255–262. A Prospective, Randomized Double-Blind, Placebo-Controlled Study of Safety and Efficacy of a High-Concentration Full-Spectrum Extract of Ashwagandha Root in Reducing Stress and Anxiety in Adults.
5. 2010 Jun;17(7):481-93. doi: 10.1016/j.phymed.2010.02.002. Epub 2010 Apr 7. Rosenroot (Rhodiola rosea): traditional use, chemical composition, pharmacology and clinical efficacy.

 

 



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Camille

bonjour, et merci de partager vos connaissances. je viens de subir deux interventions chirurgicales en l’espace de 6 mois. La convalescence est assez longue puisque des os ont été fracturés au niveau de mes mâchoires. Pour atténuer la souffrance j’ai dû me résoudre à prendre des anti-inflammatoires, juste après chaque opération, sur une courte période d’une semaine, ainsi que des antibiotiques pour cause d’infection. En cessant de prendre ces molécules, bien sûr inflammation et fatigue assez intense sont revenues, j’en suis encore là au moment où je vous écris. Je peine à remonter la pente. J’ai de suite pensé aux… Lire plus »

Olivier

Bonjour, Que pensez vous de la prise de vitamine c pour les surrénales ?

Olivier

Bonjour,

Et du coup la vit c est considérée comme un fortifiant ou un reconstituant ?

Bonne journée.

Olivier

Je viens de réaliser un examen selon la Bio électronique de Vincent et ce dernier révèle ( selon l’interprétation des données ) une carence protéinique mettant en difficulté les surrénales.
Pour info j’ai modifié mon alimentation il y a 1,5 an en introduisant progressivement beaucoup de cru (fruits et légumes) et en réduisant fortement les céréales et les produits animaux.

Qu’en pensez vous ?
Merci.

Olivier

C’est bien ce que fait ressortir cet examen mais cela ne correspond pas avec mon état réel ( je ne ma sens pas du tout fatigué , j’ai même arrêté le café) . Du coup les produits animaux jouent ils un rôle de stimulant pour les surrénales ?

Alma

Bonjour,
Que pensez vous des bourgeons de cassis en cas de fatigue surrenalienne / recepteurs GC pour cause de stress chronique ?
Merci de votre aide

Elodie courouzian

Bonjour,
Super article!
Quelle est la meilleure forme pour prendre ces plantes? Avez vous une recommendation De marque?

Merci

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