Qu’est-ce qu’un biofilm ?

Un biofilm est un groupe de micro-organismes dans lequel des cellules adhèrent les unes aux autres ainsi qu’à une surface à laquelle elles se fixent. Ces cellules adhérentes se trouvent en contact avec une sorte de matrice auto produite nommée substance polymérique extracellulaire. Cette substance également appelée limon est un conglomérat généralement composé d’ADN extracellulaire, de protéines et de polysaccharides.
Les biofilms peuvent se former sur de la matière vivante ou non et on les retrouve fréquemment en milieu naturel, industriel ou hospitalier.
Les cellules microbiennes en croissance dans un biofilm sont des cellules simples qui peuvent évoluer en milieu liquide. Celles-ci forment un biofilm en réponse à de nombreux facteurs afin de se protéger notamment en cas d’agression par des antibiotiques ou plus simplement par le système immunitaire dont elles cherchent à se mettre à l’abri.
Ainsi, le biofilm, que l’on pourrait qualifier de carapace de protection, peut constituer un obstacle dans le cadre de la résolution de certaines maladies infectieuses.

 

Le biofilm un aspect essentiel des maladies infectieuses !

 

Le rôle du biofilm

Dans le cas des infections chroniques

Les infections aiguës causées par des bactéries pathogènes ont été largement étudiées depuis plus d’un siècle. Les recherches ont été principalement menées au sujet de ces infections aiguës mais elles ont été complétées par l’étude d’une catégorie d’infections chroniques causées par des bactéries se développant derrière un agrégat appelé biofilm comme dans le cas de la pneumonie, de plaies chroniques, de l’otite chronique ou d’infections liées à l’usage de cathéter.
Les infections aiguës sont censées répondre aux antibiotiques mais lorsque les bactéries impliquées réussissent à former un biofilm au sein de l’hôte, l’infection se révèle souvent difficilement curable et se développe en un état chronique.
Les caractéristiques d’infections par des bactéries utilisant un biofilm sont une résistance extrême aux antibiotiques et aux agents antimicrobiens classiques, ainsi qu’une capacité à échapper aux défenses immunitaires de l’hôte.
On pense désormais que ce concept de biofilm est dominant dans le cadre d’infections chroniques difficilement curables et résistantes aux antibiotiques.

 

Dans le cas de virus

Des chercheurs de l’institut Pasteur et du CNRS ont montré que certains virus sont capables de former un biofilm complexe similaire aux biofilms formés par certaines bactéries pathogènes.
Le rôle de ce biofilm consiste également à protéger les virus du système immunitaire et à favoriser leur dispersion de cellule en cellule à tel point que l’on considère désormais qu’un biofilm viral constitue un mécanisme majeur de propagation de certains virus.
Les biofilms caractéristiques des virus sont principalement composés d’une structure riche en glucides dont la synthèse même est contrôlée par les virus.
Les scientifiques étudient actuellement les mécanismes de génération d’un biofilm viral afin de pouvoir déterminer à l’avenir de nouvelles stratégies thérapeutiques antivirales.

 

Dans le cas de la maladie de Lyme

La découverte initiale de l’importance des biofilms dans la maladie de Lyme est attribuée aux Docteurs Alan MacDonald et Eva Sapi.
Dans le cas de la maladie de Lyme, le biofilm est constitué de morceaux de gaine de myéline (qui recouvre et protège les nerfs). Ainsi, lorsque le système immunitaire envoie des défenses pour détruire des envahisseurs, il peut effectivement attaquer le système nerveux central en essayant de briser le biofilm en vue d’éradiquer l’infection.
Borrelia burgdorfer, la bactérie impliquée dans la maladie de Lyme, est donc capable de générer un biofilm mais également de produire des gènes résistants aux médicaments en l’espace de quelques générations. Ainsi, protégée par le biofilm, Borrelia burgdorfer peut tranquillement mettre en place sa stratégie de défense et proliférer.
Cette compréhension a ouvert de nouveaux champs de recherche dans la capacité des scientifiques et des médecins à comprendre et à traiter la forme chronique de la maladie de Lyme.

 

Dans le cas d’une candidose (prolifération de Candida Albicans)

Dans le cadre d’une candidose, nous nous retrouvons dans un cas identique aux précédents. En effet, le Candida Albicans est capable de générer un biofilm pour se protéger : les antifongiques couramment utilisés sont efficaces contre le candida mais après seulement 72 heures de développement d’un biofilm, les cellules de Candida Albicans sont capables de mettre en place une résistance quasi totale aux agents antifongiques.
L’étude des biofilms associés à Candida Albicans a montré qu’ils sont composés à 32 % de glucose. En effet, nous avons vu dans un précédent article que le candida a besoin de sucre non seulement pour croître et se reproduire, mais également pour créer le biofilm qui le protégera du système immunitaire.
En résumé, les biofilms sont l’une des principales raisons pour lesquelles une prolifération de Candida Albicans est si difficile à venir à bout.

 

Solutions naturelles pour réduire le biofilm

Il existe pas de solution simple permettant de détruire un biofilm justement parce que celui-ci a été spécifiquement conçu pour résister et protéger un maximum l’agent pathogène impliqué. Il n’y a donc pas de remède miracle dans ce cas mais avec du temps et de la patience, on peut finir par y arriver.

 

Les enzymes

Les enzymes constituent un des choix les plus pertinents dans la mise en place d’une stratégie de dissolution d’un biofilm.

La Serrapeptase : elle est une enzyme produite par la bactérie Serratia que l’on trouve dans les intestins des vers à soie. Ces enzymes dissolvent les tissus morts ou endommagés tels que la fibrine qui est un bloc constituant du biofilm.
Lorsque ces enzymes dissolvent complètement la fibrine, les agents pathogènes sont ainsi exposés au système immunitaire ou aux médicaments.

La Lumbrokinase : elle est une enzyme produite par les vers de terre et elle est couramment utilisée pour dissoudre un biofilm constitué de fibrine. Elle est d’ailleurs reconnue comme étant une des plus efficaces dans pareil cas.

La Nattokinase : elle est une enzyme produite à partir du Natto, un aliment japonais préparé à partir de graines de soja fermenté. Là encore, elle est couramment utilisée pour dissoudre le biofilm constitué de fibrine.

Il s’agit là des trois enzymes ayant bénéficié d’études ayant montré qu’elles sont les plus efficaces pour la dissolution d’un biofilm mais d’autres enzymes peuvent être utiles. Aussi, la consommation de graines germées peut s’avérer d’un grand secours tant elles sont riches en enzymes diverses et variées.

 

La N-Acétyl Cystéine

Une étude a montré que la N-Acétyl Cystéine peut réduire la formation de biofilm de 62 %, ce qui est une belle performance pour un simple nutriment.
Les chercheurs ont testé la N-Acétyl Cystéine contre une grande variété de bactéries problématiques telles que Staphylococcus aureus, Staphylococcus epidermidis, Escherichia coli, Klebseilla pneumoniae, Pseudomonas aeruginosa et Proteus vulgaris.
Pour le moment, le mode de fonctionnement de la N-Acétyl Cystéine dans la dissolution de biofilms reste inconnu. Nous ne savons pas encore comment cela fonctionne, nous savons juste que ça fonctionne.
Enfin, combinée au super antioxydant acide alpha lipoïque, la N-Acétyl Cystéine favorise la production du roi des antioxydants : le glutathion.

 

La Berbérine

La Berbérine est un alcaloïde que l’on a isolé au sein de nombreuses plantes, en particulier celle communément appelée Raisin de l’Oregon. La Berbérine possède la capacité de bloquer la formation du biofilm. On ne comprend pas encore très bien son mécanisme d’action mais on pense qu’elle inhibe la communication entre les bactéries produisant le biofilm.

 

L’Ail

L’ail inhibe l’expression de nombreux gènes intervenant dans le mode de communication coopératif des communautés de bactéries qu’elles utilisent afin de pouvoir se coordonner dans l’édification du biofilm. L’ajoène, un composé soufré de l’ail, peut inhiber la production de composés lipidiques qui interviennent dans la formation du biofilm.

 

Les huiles essentielles d’arbre à thé, de clou de girofle, d’encens Oliban, de menthe poivrée et d’eucalyptus radié

Ces cinq huiles essentielles ont montré des propriétés favorables dans la dissolution et dans l’inhibition de la formation du biofilm. Je ne fais là que reporter les résultats de mes investigations et n’étant pas aromatérapeuthe, je vous invite à en consulter un(e) pour de plus amples renseignements ainsi que pour en faire bon usage.

Note : cette liste ne se veut pas exhaustive mais à même de présenter les solutions naturelles les plus pertinentes étudiées à ce jour.

 

Références

1. Biofilms: Survival Mechanisms of Clinically Relevant Microorganisms – Rodney M. Donlan, and J. William Costerton. – http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC118068/
2. The role of bacterial biofilms in chronic infections. – Bjarnsholt T – https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/23635385/
3. Biofilms: Discovery of a new mechanism of virus propagation – Date: February 8, 2010 – Source: CNRS (Délégation Paris Michel-Ange) – https://www.sciencedaily.com/releases/2010/02/100205115946.htm
4. Biofilm And Chronic Lyme Disease – http://www.lymediseaseresource.com/Biofilm.html
5. Biofilm Formation by the Fungal Pathogen Candida albicans: Development, Architecture, and Drug Resistance – Jyotsna Chandra, Duncan M. Kuhn, Pranab K. Mukherjee, Lois L. Hoyer, Thomas McCormick, and Mahmoud A. Ghannoum. – http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC95423/
6. HOW SYSTEMIC ENZYMES WORK TO CURE DISEASES – http://www.newswithviews.com/Howenstine/james174.htm
7. N-acetylcysteine as powerful molecule to destroy bacterial biofilms. A systematic review. Dinicola S, De Grazia S, Carlomagno G, Pintucci JP. http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/25339490
8. Effect of berberine on Staphylococcus epidermidis biofilm formation. Wang X, Yao X, Zhu Z, Tang T, Dai K, Sadovskaya I, Flahaut S, Jabbouri S. http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/19157797
9. Effects of Fresh Garlic Extract on Candida albicans Biofilms. Jennifer A. Shuford, James M. Steckelberg, and Robin Patel. http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC538912/
10. Selected Antimicrobial Essential Oils Eradicate Pseudomonas spp. and Staphylococcus aureus Biofilms. Nicole L. Kavanaugh and Katharina Ribbeck. http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3346404/
11. In vitro anti-biofilm activity of Boswellia spp. oleogum resin essential oils. Schillaci D, Arizza V, Dayton T, Camarda L, Di Stefano V.
12. Anti-biofilm activity and bioactive component analysis of eucalyptus oil against urinary tract pathogen. S. Mathur, M. Udgire, A. Khambhapati and D.Paul. http://www.ijcmas.com/vol-3-5/S.Mathur,%20et%20al.pdf



Vous aimerez également...


 



Ne manquez aucun nouvel article !

Likez et abonnez-vous à la page Facebook du blog PleineSantéNaturelle. A très bientôt !





Envie d'être au Top & en Pleine Santé ?

Recevez gratuitement dans votre boîte mail les annonces & astuces santé réservées aux membres !

Dans le cadre de la nouvelle réglementation européenne RGPD, j'autorise le site www.pleinesantenaturelle.com à enregistrer mon adresse email

Lettre d'information trimestrielle. Votre adresse ne sera pas transmise à des tiers.

 


Le biofilm : un aspect essentiel des maladies infectieuses !

Poster un Commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

  Subscribe  
Me notifier des
Show Buttons
Hide Buttons
Scroll Up