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Perturbateurs endocriniens, comment réduire leur impact…

Publié le 4 octobre 2017 par PleineSantéNaturelle

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Les effets toxiques du Bisphénol A (BPA) sont bien identifiés. Du revêtement en contact avec les aliments des conserves au plastique rigide en polycarbonate jusqu’au revêtement thermique des tickets produits par les caisses enregistreuses, c’est l’un des perturbateurs endocriniens les plus éprouvés au monde. Le BPA entraîne de sérieux dommages : du cancer de la prostate au syndrome des ovaires polykystiques ou encore la puberté précoce.
Fort heureusement, le BPA a été interdit au sein de l’union européenne mais nous y avons été exposés, pour certains d’entre nous, pendant des décennies et son impact est encore d’actualité.

Mais saviez-vous que le BPA n’est que l’un des milliers de produits chimiques ou mélanges chimiques qui peuvent perturber les délicats systèmes endocriniens de notre organisme ?

Les perturbateurs endocriniens comme les phtalates, le triclosan et autre composés toxiques détectés dans certains poissons destinés à l’alimentation font partie des 85 000 produits chimiques fabriqués et en usage en Europe. On les trouve dans les produits de tous les jours et dans tout l’environnement.

La recherche des 25 dernières années a mis en lumière le rôle des perturbateurs endocriniens dans de nombreux problèmes de santé, y compris les troubles de la reproduction masculin et féminin, l’obésité et le diabète, les maladies neurologiques, les cancers, l’endométriose, les troubles du système immunitaire, l’ostéoporose, Parkinson et Alzheimer ou encore les troubles de la thyroïde.

Il y a encore beaucoup à faire d’un point de vue politique pour prendre sérieusement en compte les conséquences néfastes de l’exposition aux perturbateurs endocriniens et protéger les populations tel qu’il le faudrait.
Ce sujet me tient à cœur mais il n’est pas question de fatalité dans la mesure où des solutions existent pour limiter cet impact en attendant une réglementation digne de ce nom et un retour tant attendu à la raison…

 

Perturbateurs endocriniens, comment réduire leur impact...

 

Comment agissent les perturbateurs endocriniens ?

Pour commencer, il s’agit de se demander : qu’est-ce qu’un perturbateur endocrinien ?

Selon divers instituts nationaux de recherche autour de la santé environnementale, les perturbateurs endocriniens sont des substances chimiques qui peuvent interférer avec le système endocrinien des organismes des mammifères et produire des effets néfastes sur le développement, la reproduction, le système nerveux ou encore l’immunité. On estime que les dommages engendrés sont plus conséquents pendant l’exposition prénatale ou prématurée.

Du moment de la conception jusqu’à la naissance puis la mort, toutes les étapes de la vie sont sous le contrôle des hormones.

Le système endocrinien est composé de toutes les hormones et de toutes les glandes qui les produisent. Il participe à la régulation de tous les processus biologiques de l’organisme au cours de la vie. Il comprend :

Le développement et le fonctionnement du cerveau et du système nerveux
Le développement et le fonctionnement du système reproducteur
Le métabolisme basal et la régulation de la glycémie

Les principaux composants du système endocrinien comprennent :

Les ovaires féminins
Les testicules masculins
La glande pituitaire
La glande thyroïde
Les glandes surrénales

Les composants annexes sont :

La glande pinéale
Le thymus
L’hypothalamus
Les glandes parathyroïdes
Le pancréas

 

La dose ne fait pas le poison

En ce qui concerne les produits chimiques et spécifiquement les perturbateurs endocriniens, il pourrait sembler logique de penser que des doses plus élevées d’une substance sont plus dangereuses car les impacts sur la santé sont plus immédiats et évidents.
Mais lorsqu’on se penche sur les perturbateurs endocriniens, le contexte est différent. Même des doses infinitésimales peuvent entraîner des effets conséquents pour la santé.
Parfois, ces effets mettent des années avant de se manifester, voire des décennies suite à une exposition et contrairement à des intoxications à doses élevées, il n’est bien souvent pas évident d’établir un lien de cause à effet.

En résumé, nos systèmes endocriniens sont si délicats que même des expositions aux produits chimiques, que l’on pourrait qualifier de ridicule, peuvent tout à fait engendrer plus tard, au cours de l’existence, des troubles majeurs.
À propos de ces faibles expositions, on parle de parties par milliard, ce qui équivaut à une goutte d’eau dans un volume équivalent à 20 piscines olympiques.

Ceci étant écrit, la recherche progresse à grands pas au sujet des perturbateurs endocriniens et de la manière dont ils influencent la santé humaine…

 

Comment se protéger des perturbateurs endocriniens ?

Évitez les plastiques

Les plastiques contiennent des perturbateurs endocriniens que l’on retrouve dans les aliments et dans l’eau, en particulier lorsqu’ils sont chauffés.
Optez, dans la mesure du possible, pour le verre et abstenez-vous de réchauffer des aliments contenus dans des récipients en plastique : je pense notamment aux plats préparés en barquette que l’on passe au micro-ondes.

 

Utilisez des détergents et des cosmétiques les plus écologique possible

Evitez les phtalates et autres perturbateurs hormonaux en fabriquant par exemple vos propres produits de nettoyage. Si vous préférez continuer de vous tourner vers des produits tout prêts, envisagez des détergents, des lessives et des cosmétiques respectueux de l’environnement qui par conséquent seront respectueux de votre organisme et donc de votre santé.
Pour la désinfection, vous pouvez vous tourner vers les savons et les nettoyants antibactériens et utilisez moins de désinfectants chimiques.

 

Soyez attentifs et lisez les étiquettes des produits de santé et de beauté

Chaque individu utilise en moyenne 9 produits de soin personnel différents par jour qui contiennent à eux tous en moyenne 126 ingrédients.
Ayez le réflexe de regarder la liste des ingrédients composant les produits que vous utilisez et n’hésitez pas à vous tourner vers des produits plus respectueux à tout point de vue…

 

Modifiez votre régime alimentaire

Ce que nous mangeons et buvons joue un rôle dans les perturbations du système endocrinien.

Évitez les aliments transformés et raffinés. Outre les nombreux additifs alimentaires et produits chimiques contenus dans les aliments transformés et raffinés, le manque de fibres accable votre côlon et votre foie car il faut savoir que les fibres ont aussi pour propriété de pomper les toxines et permettre leur élimination par le côlon. Voilà d’ailleurs pourquoi je préfère les smoothies aux jus confectionnés à l’extracteur (attention : loin de moi l’idée de remettre en cause leurs bienfaits).

Évitez les pesticides et les herbicides en vous tournant dans la mesure du possible vers des produits issus de l’agriculture biologique. J’entends bien que ceux-ci sont plus onéreux mais renseignez-vous et vous constaterez qu’il existe probablement près de chez vous un marché ou une AMAP où vous pourrez trouver des petits producteurs qui font un travail respectable et respectueux. Qu’ils vous proposent des produits d’origine végétale ou animale, allez les trouver et vous trouverez votre bonheur.

Consommez suffisamment des légumes favorisant la désintoxication. Plus vous mangez de légumes frais et cultivés respectueusement, mieux c’est. À noter d’ailleurs que les toxines s’accumulent dans les tissus des animaux. Inutile de présenter de nouveau les nombreux avantages pour la santé des légumes frais.
Mais ce qui nous intéresse dans notre cas, c’est la capacité de certains légumes à détourner les excès d’oestrogènes exogènes (exogènes signifie « apportés de l’extérieur »).
Les légumes crucifères, tels que le brocoli et le chou contiennent des flavones et des indoles qui sont particulièrement efficaces pour tamponner les effets néfastes de ces œstrogènes. Et bien évidemment, je vous invite à éviter les aliments riches en œstrogènes.

Évitez le soja. Justement, s’il y a bien un aliment particulièrement riche en œstrogènes, c’est le soja. Nous avons le sentiment que le soja représente une alternative saine pour les protéines mais il faut bien réaliser que le soja provient d’une agriculture subventionnée qui représente des intérêts financiers colossaux. En outre, le soja est désormais tellement répandu que l’on constate une augmentation conséquente des allergies. Il se cache dans les protéines végétales hydrolysées, dans la lécithine, dans l’amidon.
Le soja est une source de phyto œstrogènes et est donc un perturbateur endocrinien. À noter que le soja fermenté comporte bien moins de méfaits et plus de nutriments que le soja qui ne l’est pas.

 

Comment réduire l’impact des perturbateurs endocriniens ?

Après avoir présenté les perturbateurs endocriniens, leurs principes et leur impact sur la santé, venons-en au fait. Il va s’agir de soutenir le foie et le côlon.

La bétaïne

Il s’agit d’un dérivé de la glycine, un acide aminé isolé dans le jus de la betterave sucrière. Elle propose plusieurs propriétés favorables à la santé et dans notre cas, c’est sa propension à soutenir le foie dans la régulation des œstrogènes qui nous intéresse.
Je vous invite donc à consommer des smoothies voire des jus de betterave crue à raison de 15-20 cl par jour dans le cadre de cures de trois semaines suivies de pauses.
Veuillez noter que vous pouvez, même si c’est moins naturel, vous tourner vers le citrate de bétaïne que vous trouverez en pharmacie à raison d’un comprimé par jour à distance des repas dans le cadre là encore de cures de trois semaines suivies de pauses.

L’acide alginique

Il s’agit d’un acide que l’on trouve dans les algues et qui a pour propriété de pomper dans l’intestin grêle et le côlon tout un tas de substances toxiques, permettant ainsi leur excrétion future.
Je vous invite donc à consommer des algues dont vous aurez vérifié au préalable qu’elles ne contiennent pas de substances toxiques car elles ont tendance à capturer celles présentes dans  l’environnement dans lequel elles croissent. À ce propos, voici un article sur les fabuleuses propriétés des algues.

Le DIM

Ou di-indolylméthane permet de réguler le métabolisme des œstrogènes chez l’homme comme chez la femme.
Il y a une vingtaine d’années, on s’est aperçu que ce composé est capable de prévenir chez l’animal un cancer du sein chimiquement induit.
Quelques milligrammes de di-indolylméthane provenant de légumes crucifères ou issus d’un supplément peuvent réguler l’action des œstrogènes et modifier leur métabolisme par le foie.
Ce composé est très sûr et son absence de toxicité a été démontrée. Très rapidement, son principe réside dans sa capacité à réduire l’activité du système des récepteurs d’œstrogènes assurant ainsi la promotion d’un métabolisme efficace par le foie de ceux-ci.

Les graines de chia

Il s’agit de graines aux propriétés mucilagineuses, c’est-à-dire qu’au contact de l’eau, elles adoptent une texture sous forme de gelée.
La gelée ainsi obtenue et consommée oralement va tapisser les parois de l’ensemble du tube digestif et entraîner avec elle, par effet de pompage, tout un tas de substances toxiques en vue de leur excrétion future.

La pectine

Le principe de la pectine est similaire à celui de l’acide alginique et des graines de chia. On trouve la pectine en quantité importante dans les pommes et dans les coings. Contrairement aux algues et aux graines de chia qui elles favorisent le péristaltisme (action d’excrétion des selles), la pectine a tendance à constiper donc prenez garde si vous êtes sujet(te) à la constipation.

 

Note : la liste n’est pas exhaustive mais avec les quelques éléments mentionnés ci-dessus, vous avez déjà de quoi faire…

 

Références

1. Bisphenol A: How does it affect our health ? – https://www.medicalnewstoday.com/articles/221205.php
2. Les perturbateurs endocriniens – INSERM – https://www.inserm.fr/thematiques/sante-publique/dossiers-d-information/les-perturbateurs-endocriniens
3. Hormones and Endocrine-Disrupting Chemicals : Low-Dose Effects and Nonmonotonic Dose Responses – Laura N. Vandenberg,corresponding author Theo Colborn, Tyrone B. Hayes, Jerrold J. Heindel, David R. Jacobs, Jr., Duk-Hee Lee, Toshi Shioda, Ana M. Soto, Frederick S. vom Saal, Wade V. Welshons, R. Thomas Zoeller, and John Peterson Myers – https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3365860/
4. Most Plastic Products Release Estrogenic Chemicals: A Potential Health Problem That Can Be Solved – Chun Z. Yang, Stuart I. Yaniger, V. Craig Jordan, Daniel J. Klein, and George D. Bittne – https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3222987/
5. Endocrine Disruptors and Asthma-Associated Chemicals in Consumer Products – Robin E. Dodson, corresponding author Marcia Nishioka, Laurel J. Standley, Laura J. Perovich, Julia Green Brody, and Ruthann A. Rude – https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3404651/
6. DIM Long-Term Studies – https://www.absorbyourhealth.com/dim-long-term-studies/
7. Integrative medicine and the role of modified citrus pectin/alginates in heavy metal chelation and detoxification–five case reports. – Eliaz I1, Weil E, Wilk B – https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/18219211

 

 

 


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Je me passionne pour la santé au naturel depuis maintenant 10 ans et plus le temps passe, plus je m'aperçois que cette aventure est vaste et c'est pour moi un formidable moteur !

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